Marron ou châtaigne

Un brin de poésie


«Un petit cornet de marrons chauds, c’est un brasero portatif qu’on peut garder dans la poche de son manteau. Il nous console des frimas, de la bise qui mord les joues, de la maussaderie générale. (…) J’aime la saveur du marron chaud: on croirait du miel sauvage en moins sucré. J’adore surtout son onctuosité, sa farine un chouia gluante, qui s’efflue entre le palais et la langue, rappelle la consistance des pommes nouvelles peu bouillies.»

Gilbert Salem, auteur, reporter et chroniqueur

Marron ou châtaigne?

Le marron glacé… c’est de la châtaigne !

Lorsqu’un fruit tombe d’un châtaignier et que sa bogue renferme deux à cinq amandes, il s’agit de châtaignes. Ici, pas de doute.

Afin notamment de fournir aux confiseurs de beaux et gros fruits, certaines variétés de châtaigniers ont été améliorées pour que leur bogue ne contiennent plus qu’un fruit unique. On parle alors de marron, bien qu’il s’agisse d’une châtaigne !

La faute au marron d’Inde

Un glissement de langage qui s’explique sans doute par le fait que le marronnier d’Inde, précisément, produit des fruits non cloisonnés qui ne contiennent qu’une seule amande, plus grosse, mais… impropre à la consommation, voire toxique. Il sert essentiellement de nourriture pour les cochons.

On les distingue, la châtaigne du marron, à leur bogue: celle de la châtaigne est marron lorsque le fruit est mûr et couvert de fins piquants, tandis que celui du marron d’Inde est lisse et hérissé de pointes.  

Chauds, chauds les marrons !

Ainsi, même si le langage courant parle de «crème de marron» ou de «marron glacé», il s’agit en réalité de châtaigne. Il en va de même pour les fameux «chauds, les marrons, chauds!».

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