Un brin d'histoire

Un bois quasi imputrescible


 

Le bois de châtaignier possède notamment comme qualité, celle d’être quasi imputrescible grâce à sa richesse en tanin. De plus, selon certains anciens, il éloigne les araignées. Utilisé dans la construction, il retarde la progression du feu. C’est la raison pour laquelle on s’en sert, par exemple, pour les charpentes, le bardage des églises, les paravalanches ou encore les piquets de clôtures. 

Un brin d'histoire

Châtaigne, castagne... Castanea sativa

Le mot «châtaigne» provient du latin castanea – qui désignait autrefois le chêne –, lui même dérivé du grec kastanon. Ce mot ferait référence à une ville du Nord de la Grèce réputée pour la qualité de ses châtaignes.

On distingue différentes espèces de châtaigniers originaires d’Asie ou d’Amérique – Castanea cretana, mollissima, dentana, etc. – mais seule la Castanea sativa, le châtaignier commun, originaire d’Europe, est véritablement connue sur le Vieux Continent.

L’homme a commencé à utiliser les ressources du châtaignier il y a plus de 10 000 ans. Mais c’est au VIe siècle avant Jésus-Christ que commence véritablement la culture de l’arbre, appelée castanéiculture.

En Valais, les premiers châtaigniers furent plantés vers le XIe siècle. A cette époque, la plaine du Rhône n’était encore qu’un immense marécage et les populations ne disposaient pas des terres fertiles actuelles. Les fruits de cet arbre nourricier remplaçaient alors les céréales ou les pommes de terre, d’où son surnom d’arbre à pain ou arbre des pauvres.
 

Jusqu’à 50 hectares à Fully

Les historiens situent l’implantation du châtaignier à Fully vers l’an 1200 de notre ère. Ils ont sans doute été importés de la Grèce ou du Caucase via la France, l'Italie et les Alpes du Nord.

Chaque famille possédait alors quelques arbres, que l’on entretenait avec soin par la taille et la greffe.

A une époque, la châtaigneraie de Fully aurait dépassé 50 hectares. Lorsque la plaine a offert de nouvelles surfaces cultivables et que les vignes se sont étendues sur le coteau, ces arbres ont été peu à peu oubliés.

La châtaigneraie aurait même pu disparaître si, en 1941, le Département fédéral de l’intérieur n'avait pas déclaré «œuvre d’utilité publique la remise en état de la châtaigneraie» en raison de son rôle protecteur contre les ravines et demandé au Canton du Valais de «prendre des dispositions pour l'expropriation des nombreuses parcelles (privées) dont elle est formée». L'expropriation effective eut lieu en 1959 seulement.

Aujourd’hui, les 17 hectares de la châtaigneraie remplissent toujours leur fonction protectrice, tout en offrant un espace propice à la convivialité, à la détente et au jogging. Son sentier didactique, pratiquable en toute saison, a été entièrement rénové en 2015. 

Téléchargements

Lettre du Département fédéral de l'intérieur, 1941 (143.36 Ko)
Inscription des expropriations, 1959 (143.36 Ko)